Ce chapitre, présente :
Secteur TIL
La typologie 2000 du secteur TIL prend en considération les domaines TIL et apparentés et l'influence qu'exerce l'Inforoute sur le secteur. C'est ainsi qu'outre les domaines TIL, les domaines Evaluation, Normalisation et Outils Inforoutiers ont été inclus dans l'analyse. Concernant les domaines TIL, il est important de faire une distinction entre les technologies TIL et les applications. La chaîne des activités TIL nécessite une approche différenciée et suggère, dès à présent, que les attentes du secteur ne peuvent être satisfaites par une réponse globale .
La recherche fondamentale (RF) ne relève pas, pour l'essentiel, d'une logique économique, bien qu'elle puisse engendrer, à moyen ou long terme, des retombées économiques et créer de nouvelles activités (même si celles-ci sont actuellement imprévisibles). Pour cela, il est nécessaire de maintenir la RF à un niveau suffisant et d'éviter de l'étouffer par un excès de dirigisme. De plus, certains résultats de la RF (par exemple, les ressources linguistiques, les algorithmes, …) doivent être valorisés dans des projets de recherche appliquée (RA). Un tel transfert technologique se heurte fréquemment à des difficultés dues au clivage politique de notre pays : la RF dépend de la Communauté française et la RA de la Région Wallonne. Tant que ces deux niveaux de pouvoir ne mettront pas en œuvre une politique commune de recherche, de nombreux résultats de la RF continueront "à dormir au fond du tiroir".
Plus spécifiquement le secteur TIL, nous déplorons que des domaines tels que Systèmes expert (à finalité TIL), Analyse et Génération de texte, Traitement de la parole soient peu présents dans le secteur de la recherche de base, alors qu'ils occupent une place dans la chaîne des activités TIL. Il est à noter que le développement de ressources linguistiques ne se limite pas dans le temps. Toutefois, cela n'est pas pris en compte par les types de financement actuellement disponibles.
Recherche appliquée : généralités
Les centres de recherche doivent collaborer pour atteindre une masse critique dans leurs domaines d'activités. La collaboration ne s'impose pas, elle doit découler d'une prise de conscience par les organismes des bénéfices qu'elle générerait. Cependant, il est possible de favoriser l'émergence d'un tel état d'esprit en introduisant ce concept dans les conditions de financement (pensons à un programme tel que "Wallonie-Université-Développement).
De plus en plus, la recherche appliquée devra répondre à des besoins sociétaux et économiques. A cet effet, la mise en place d'un système plus souple de financement et d'aides relatives à des "projets de transfert technologique" permettrait de concrétiser les résultats de la recherche dans un produit (ou un prototype) susceptible d'intéresser des entreprises.
La valorisation de la recherche doit passer aussi par la valorisation du chercheur et de son travail (statut du chercheur, droit de propriété, etc.).
De nombreuses recherches TIL peuvent répondre à des besoins du marché (essor des activités en reconnaissance de la parole, éducation à distance, informatisation du secteur de la santé, ). Leur pertinence économique doit être évaluée dès la définition d'un projet de recherche.
Des études du marché des technologies, des besoins des entreprises, accompagneraient tout projet. Elles permettraient aux chercheurs :
La gestion stratégique d'un projet n'est pas du ressort des chercheurs. Elle doit être prise en charge par des spécialistes en gestion de la valorisation de la recherche ET initiés aux exigences propres des divers domaines du secteur TIL. A ce titre, on ne peut qu'encourager le renforcement des compétences des services d'interface des universités et leur mise en réseau.
L'analyse a relevé certaines incohérences entre, d'une part, le nombre de projets et produits appartenant à un même domaine et, d'autre part, le nombre de projets appartenant à des domaines complémentaires.
Il en ressort qu'une politique de R&D du secteur TIL dans l'espace W+B devrait se fixer des objectifs tels que :
La mise en place d'une politique R&D soutenue par des objectifs précis générera une restructuration voire une suppression de certains pôles de recherche pour permettre une meilleure concentration des efforts financiers.
Les PME revendiquent rarement un soutien de la Région Wallonne dans leur
démarche de recherche. La diversité, la non-spécificité et la complexité administrative
des aides actuellement disponibles pour soutenir la R&D n'incitent pas les
PME, et encore
moins les TPE
à faire appel à ces fonds. Les aides de support à l'innovation doivent être
simplifiées et mieux ciblées en fonction des besoins réels des PME.
Les sociétés TIL n'ont pas à leur disposition de centres de recherche collective (centres créés sur une base sectorielle). Cependant, deux centres technologiques ont été créés dans le cadre d'Objectif1 (fonds européens) : Multitel et le CEDITI. Ces centres sont liés aux universités mais orientés vers la RA, le transfert de technologie et le service aux entreprises.
L'extension des mandats First Entreprises, qui permettent la réalisation d'un doctorat au sein d'une entreprise, stimule(ra) les synergies entreprises/centres de recherche.
Le TIL est un secteur technologique qui exige des investissements considérables.
De ce fait, les entreprises, et les centres de recherche, doivent exporter
leur expertise si elles veulent rentabiliser leurs R&D.
Le secteur TIL se composant principalement de petites entités, il n'est pas
toujours aisé pour celles-ci d'évaluer les potentialités du marché mondial.
Un soutien ciblé et ponctuel (mise à disposition d'un agent commercial
spécialisé en TIL, d'études de marché, …) des pouvoirs publics pourrait être
mis en place.
L'instauration d'un système de qualité est une étape indispensable à la valorisation de la recherche, dans la mesure où un tel système permet d'assurer la reproductibilité des résultats de recherche. Signalons la proposition du groupe de travail 2 du projet Prométhée : " La Région pourrait par exemple exiger que les équipes qui bénéficient de financements régionaux s'inscrivent dans une démarche qualité, dont elle supporterait une partie des coûts. Elle pourrait aussi intervenir dans le financement d'équipes de gestion de la qualité mises en place au niveau central par chacune des institutions." b
Vu le peu d'entreprises certifiées, il nous semble qu'un mécanisme similaire pourrait être envisagé pour les sociétés.
Les entreprises demandent aux centres de recherche une information chiffrée
et validée sur leurs activités. Cette démarche requiert que les chercheurs
s'impliquent, au delà de la publication, dans le mécanisme de valorisation
de la recherche.
On pourrait envisager un cahier des charges qui définirait la forme de cette
information à caractère "valorisant" et qui respecterait le désir de discrétion
des centres de recherche et les besoins des entreprises.
De plus, un effort doit être entrepris dans la diffusion et la visibilité
de l'information scientifique et technique.
Participation à des projets européens
Participer à un projet européen permet aux centres de recherche et sociétés
d'étendre leur connaissance et leur réseau de contacts. A ce niveau, face
au faible taux de participation des PME
,
on peut se demander si les aides octroyées par la Région Wallonne et la Province
de Namur, dans le but d'inciter et de favoriser la participation des sociétés
à des projets européens, répondent bien aux besoins des PME.
Par contre, lors de notre enquête qualitative de 1999, certains centres de recherche ont manifesté clairement leur désir d'obtenir une aide, ponctuelle et ciblée sur leur besoin spécifique, qui leur permettrait de s'engager dans le montage de projets. Notons que le retour sur investissement même s'il n'est pas chiffrable, n'est pas pour autant négligeable. En effet, nous avons relevé une corrélation entre la participation européenne et une certaine autonomie financière des centres de recherche, due à leur engagement dans des contrats/commandes d'institutions ou entreprises étrangères.
La demande de participation à des projets européens pourrait être également soutenue par plusieurs sociétés et/ou centres de recherche de W+B. Une telle collaboration réduirait les coûts d'une telle démarche et favoriserait leur chance de participation.
Nous assistons, que ce soit au niveau privé ou public, à l'émergence de sociétés à capital à risque qui investissent dans les technologies de l'information.
Le récent lancement d'aides et de fonds spécifiques à la création de Spin-off devrait également jouer un rôle "propulseur" pour le secteur TIL. En effet, le statut de spin-off est particulièrement adapté au secteur TIL car il favorise le transfert technologique centres de recherche/sociétés.
Nous espérons que le secteur TIL saura répondre à ces diverses opportunités en proposant des projets technologiquement et commercialement viables. A cet effet, les demandeurs doivent proposer des projets soutenus par un plan d'affaires et par une évaluation technologique crédibles. Ils doivent être soutenus dans le montage du dossier de leur proposition. Cet accompagnement n'est pas toujours la priorité principale des financeurs. Il devrait être pris en charge par une structure intermédiaire adaptée aux spécificités du secteur.
De par la chaîne d'activités du secteur TIL, on ne peut qu'encourager la collaboration entre centres de recherche et entreprises, mais également entre entreprises de différents domaines (TIL et non TIL) dans un but de pluridisciplinarité et de complémentarité. En Wallonie, nous assistons, enfin, à une prise de conscience de l'importance de favoriser les partenariats par la mise en œuvre de grappes.
Signalons quelques initiatives :
Et à un niveau plus global :
Une initiative telle que le DEC en technologie linguistique
soutient le développement du secteur TIL. Pour favoriser, par exemple, une
augmentation de la participation des organismes à des projets TIL européens
ou une intégration de la technologie TIL dans des services globaux (gestion
de documents, éducation, …), il faut augmenter rapidement le nombre de diplômés
en "sciences de l'information".
Il est primordial de créer une meilleure image du secteur que ce soit auprès du grand public, des professionnels ou des décideurs. Promouvoir le secteur permettrait d'attirer des investisseurs, de susciter l'intérêt des jeunes universitaires, d'encourager les intervenants du TIL à entreprendre, etc.
Cette analyse comporte de nombreuses interrogations restées sans réponse mais elle a permis de mettre en évidence plusieurs points d'intervention cruciaux pour le plein essor du secteur. On citera tout d'abord, d'une part, la mise en réseau des compétences, des connaissances et des informations et d'autre part, l'adaptation des structures de soutien aux besoins des organismes. Ces deux critères ont déjà été formulés lors de l'Analyse 1999 du secteur TIL. Nous nous réjouissons de la prise de conscience actuelle des pouvoirs publics et des intervenants de la nécessité d'adapter leur démarche en ce sens.
Ensuite, on citera également, au rang des nécessités :
Notre réflexion s'articule selon deux axes :
Afin de favoriser l'émergence de ces deux concepts dans le secteur TIL, nous suggérons, de la part des pouvoirs publics, la mise en place :